Le RGIE fixe les règles de sécurité électrique en Belgique, les mêmes dans les trois régions. Depuis le 1er mars 2025, de nouvelles règles visent les locaux avec baignoire ou douche et les socles de prises ; au 1er avril 2026, le règlement intègre le courant continu des batteries et du photovoltaïque. À la vente d'une ancienne installation, un organisme agréé doit contrôler ; pour le domestique, le contrôle revient tous les 25 ans. Ne le confondez pas avec le certificat PEB, qui est régional.
Qu'est-ce que le RGIE et que change-t-il en 2025-2026 ?
Le RGIE, ou Règlement Général sur les Installations Électriques, est le texte fédéral qui encadre la sécurité de toute installation électrique du pays. Une prise à Anderlecht et une prise à Namur répondent aux mêmes exigences. Trois dates structurent la période actuelle : le 1er juin 2020, le 1er mars 2025 et le 1er avril 2026.
Le socle de référence, ce sont les Livres 1, 2 et 3 du nouveau RGIE, issus de l'arrêté royal du 8 septembre 2019 et applicables depuis le 1er juin 2020. Une première série d'adaptations, prévue par l'arrêté royal du 5 mars 2023, a pris effet le 1er juin 2023.
Deux évolutions plus récentes s'ajoutent. Depuis le 1er mars 2025, de nouvelles règles visent les locaux équipés d'une baignoire ou d'une douche, les socles de prises et certains lieux accessibles au public. Le 1er avril 2026, le règlement intègre le courant continu, celui des batteries domestiques et des panneaux photovoltaïques.
Une confusion revient sans cesse au comptoir. Le RGIE est fédéral et parle sécurité électrique. Le certificat PEB, lui, est régional et mesure la performance énergétique du logement, pas la conformité de l'installation. Un bien peut afficher un bon PEB et cacher un tableau électrique dangereux.
Le règlement s'applique aux installations neuves comme existantes. Une installation neuve suit le texte en vigueur le jour de sa réalisation. Une installation ancienne garde les règles de son époque, mais reste soumise à des contrôles. Ce guide parle donc à deux personnes : le particulier qui rénove et l'électricien qui applique le texte tous les jours.
Quelles sont les nouvelles normes RGIE 2025 ?
Depuis le 1er mars 2025, l'arrêté royal du 3 octobre 2024 (Moniteur belge du 28 octobre 2024) a introduit plusieurs règles nouvelles. Elles concernent surtout les locaux contenant une baignoire ou une douche, les socles de prises et les lieux accessibles au public. Un chantier de salle de bain démarré aujourd'hui doit en tenir compte dès le plan.
Les locaux avec baignoire ou douche
Dans une pièce d'eau, l'humidité et le risque de contact avec l'eau imposent une protection renforcée autour des points d'eau. Prenons une salle de bain rénovée : l'emplacement des prises, de l'éclairage et du sèche-serviettes se décide sur le plan, pas une fois le carrelage posé. Déplacer une prise après coup, c'est un mur rouvert et une journée perdue.
Pour l'électricien, la question est de valider l'implantation des appareils au regard du texte en vigueur. Pour le particulier, le bon réflexe est de choisir les protections et les sections de câbles en même temps que l'agencement de la pièce, quand tout reste modifiable.
Les socles de prises et les lieux accessibles au public
Les règles relatives aux socles de prises et aux lieux ouverts au public bougent aussi. Le détail technique figure dans les annexes du Livre 1 du RGIE, et il varie selon le type de local. Faites valider l'implantation par votre électricien plutôt que de reproduire une ancienne habitude de pose.
Au dépôt, chaque semaine, des particuliers refont une salle de bain sans avoir anticipé ces contraintes. Le matériel s'achète alors dans l'urgence, souvent en deux passages. Choisir protections et câbles en même temps que le plan de la pièce évite cet aller-retour et les mauvaises surprises au contrôle.
RGIE 2026 : quoi de neuf avec le courant continu ?
La grande nouveauté du 1er avril 2026 vient de l'arrêté royal du 6 octobre 2025 (Moniteur belge du 29 octobre 2025, erratum du 5 novembre 2025). Le règlement intègre les installations en courant continu, portées par la vague des batteries domestiques et du photovoltaïque. Jusque-là, il encadrait surtout le courant alternatif.
La réforme ajoute des règles pour le courant continu, dont les schémas de mise à la terre en DC de types TN, TT et IT. C'est une réponse à un fait de terrain : de plus en plus de maisons produisent et stockent leur électricité. Une installation solaire avec batterie, marginale hier, devient banale dans un lotissement.
Le courant continu ne se coupe pas comme l'alternatif. Un arc électrique en continu s'entretient plus facilement, ce qui change la logique de protection et impose des composants prévus pour cet usage. Pour un installateur, cela veut dire des protections spécifiques et des câbles adaptés au continu, pas ceux de l'alternatif classique.
Cette réforme touche d'abord les logements qui produisent ou stockent de l'électricité. Ajouter des panneaux photovoltaïques et une batterie après 2026, c'est intégrer d'emblée ces nouvelles exigences. Le texte de référence est consultable dans les publications RGIE du SPF Économie.
Qui peut réaliser un contrôle RGIE conforme ?
Un seul acteur peut délivrer le rapport réglementaire : un organisme de contrôle agréé, inscrit sur la liste officielle du SPF Économie. Ni le propriétaire, ni l'électricien qui a posé l'installation ne peuvent le signer. Cette indépendance est le cœur du système, et elle protège l'acheteur autant que le vendeur.
Deux administrations se partagent le sujet. Le SPF Économie encadre les installations domestiques et publie la liste des organismes agréés. Le SPF Emploi intervient sur le versant du bien-être au travail, pour les installations professionnelles. Les deux s'appuient sur le même RGIE fédéral.
Faut-il le même contrôle pour une maison et une entreprise ? Non. Le domestique dépend du SPF Économie, avec une périodicité de 25 ans. Le professionnel en basse tension suit un rythme plus serré, tous les 5 ans, encadré côté travail par le SPF Emploi.
Autre distinction utile : l'électricien met l'installation aux normes, l'organisme la contrôle. Un bon électricien prépare le chantier pour qu'il passe le contrôle du premier coup, mais la vérification finale reste extérieure. Les deux métiers ne se confondent pas.
C'est aussi pourquoi nous ne réalisons pas de contrôle chez Bati-Mat. Notre rôle s'arrête au matériel électrique conforme et au conseil en dépôt. Pour la vérification officielle, adressez-vous à un organisme agréé figurant sur la liste du SPF Économie, couvrant votre région.
Rapport de conformité RGIE : contenu et durée de validité
Le rapport de conformité atteste qu'une installation respecte le RGIE le jour du contrôle. Pour une installation domestique, il vaut jusqu'au contrôle suivant, soit une périodicité de 25 ans, sauf modification de l'installation ou non-conformité constatée. C'est le document que réclament l'acheteur, le notaire et l'assureur.
À la vente, son rôle est central. Le vendeur d'une ancienne installation fait réaliser le contrôle, puis remet le rapport à l'acheteur avant la signature. Ce papier dit une chose simple : l'installation est conforme, ou elle ne l'est pas.
Que contient-il ? La liste des points vérifiés et, s'il y a lieu, les infractions relevées avec les articles du RGIE concernés. Un rapport positif conclut à la conformité. Un rapport négatif détaille, poste par poste, ce qui doit être corrigé.
Un rapport négatif ne bloque pas la vente. Il transfère l'information, donc la charge des travaux, dans un délai encadré que nous détaillons plus bas. Rangez ce document en lieu sûr : on vous le redemandera à la revente et lors d'un sinistre.
Quand un contrôle électrique est-il obligatoire ?
Un contrôle s'impose dans deux cas : à la vente d'une ancienne installation, et de façon périodique. Pour une habitation, le contrôle périodique revient tous les 25 ans ; pour une installation professionnelle en basse tension, tous les 5 ans. Ces deux situations ne se recoupent pas toujours.
À la vente d'un bien
Le contrôle à la vente ne concerne pas tout logement mis en vente. Il vise les anciennes installations réalisées avant le 1er octobre 1981 qui n'ont jamais fait l'objet d'un examen de conformité complet. Une exception existe, par exemple en cas de rénovation ou de démolition complète actée.
Le contrôle périodique
Le contrôle périodique s'impose sans qu'il y ait vente. Pour une habitation, il revient tous les 25 ans. Pour une installation professionnelle en basse tension, le rythme passe à 5 ans, en lien avec les obligations de bien-être au travail suivies par le SPF Emploi.
Les délais de correction sont courts. Après une vente, l'acheteur dispose de 18 mois pour faire corriger les non-conformités. Un compromis signé en mars, et le nouveau propriétaire a jusqu'à l'automne de l'année suivante pour remettre un tableau aux normes. Le temps de trouver un électricien disponible, ce délai fond vite.
Après un contrôle périodique négatif, la règle change : une visite complémentaire doit intervenir dans les 12 mois. Dès la réception du rapport, réunir le matériel (tableau, différentiels, mise à la terre) évite de courir après l'échéance.
Le calendrier des échéances RGIE à retenir
Les dates officielles ci-dessous ont été vérifiées auprès du SPF Économie et du Moniteur belge. Une précision d'abord : aucune échéance nationale de type « 2032 » n'existe dans un texte officiel pour la mise aux normes des installations anciennes. Les articles qui l'annoncent se trompent.
Tout part du 1er octobre 1981, la date pivot qui définit une ancienne installation domestique. Le 1er juin 2020, le nouveau RGIE (Livres 1, 2 et 3) entre en vigueur, sur base de l'arrêté royal du 8 septembre 2019. Le 1er juin 2023, une première série d'adaptations s'applique, prévue par l'arrêté royal du 5 mars 2023.
Le 1er mars 2025, place aux règles sur les locaux avec baignoire ou douche, les socles de prises et les lieux accessibles au public, via l'arrêté royal du 3 octobre 2024. Le 1er avril 2026, le règlement intègre le courant continu des batteries et du photovoltaïque, via l'arrêté royal du 6 octobre 2025.
À ces dates s'ajoutent les cycles récurrents : un contrôle périodique tous les 25 ans pour les installations domestiques, tous les 5 ans pour les installations professionnelles en basse tension. Ces jalons marquent l'entrée en vigueur des textes, pas l'obligation de tout refaire du jour au lendemain.
Une installation conforme aux règles de son époque n'a donc pas à être reconstruite à chaque nouvel arrêté. C'est la vente ou le contrôle périodique qui déclenche l'obligation d'agir, pas la simple parution d'un texte au Moniteur.
Le coût d'un contrôle et d'une mise en conformité
Le prix d'un contrôle dépend de l'organisme et de la taille du logement. Les fourchettes qui suivent sont indicatives, tirées du marché, pas de tarifs officiels. Pour mesurer l'enjeu de sécurité : selon AXA, l'électricité serait à l'origine d'environ 30 % des incendies domestiques.
Pour un contrôle de conformité à la vente, comptez souvent entre cent et deux cents euros selon le prestataire. Ce montant couvre la visite et la rédaction du rapport, pas les travaux. Il varie d'une région et d'un organisme à l'autre.
Le coût d'une mise en conformité est bien plus large. Il va du simple ajout d'un différentiel à la réfection complète du tableau et du câblage. Seul un devis sur mesure donne un chiffre fiable. Pour situer les ordres de grandeur, voyez notre analyse du coût d'une rénovation électrique.
Trois facteurs pèsent sur la facture : l'état du tableau, la présence d'une mise à la terre correcte, et le nombre de circuits à reprendre. Un tableau vétuste, sans différentiels adaptés, reste le premier poste de dépense d'une remise aux normes.
Côté fiscalité, les travaux dans un logement de plus de dix ans bénéficient en général du taux de TVA réduit à 6 %, sur facture détaillée d'un entrepreneur, sous conditions. Ce régime vise la rénovation en général, pas seulement l'électricité. Pensez aussi à vérifier les primes rénovation électrique proposées dans votre région.
Mise en conformité d'une maison ancienne : la checklist matériel
Remettre aux normes une maison ancienne passe presque toujours par les mêmes postes de matériel. Le rapport de contrôle dicte la liste précise, mais un chantier type revient souvent aux six éléments ci-dessous, à valider avec votre électricien selon les non-conformités relevées.
- Disjoncteurs différentiels 30 mA : coupure rapide en cas de fuite de courant, la protection des personnes.
- Prise de terre et conducteur de protection : évacuation des courants de défaut vers le sol.
- Tableau de répartition avec circuits repérés : organisation claire et sécurité de l'ensemble.
- Disjoncteurs calibrés par circuit : protection contre les surcharges, ligne par ligne.
- Sections de câbles adaptées : chaque circuit dimensionné selon son usage réel.
- Schéma unifilaire et schéma de position : les deux documents exigés lors du contrôle.
Depuis 1995, nous fournissons ce matériel aux électriciens et aux particuliers de la région bruxelloise. Avec plus de 60 000 références en stock (câbles, tableaux, disjoncteurs différentiels), une ouverture dès 7h pour les pros et la livraison sur chantier en 24h, réunir la bonne liste ne bloque pas le planning.
Pour un électricien, la disponibilité prime souvent sur le prix unitaire. Un chantier à l'arrêt faute d'un différentiel ou d'une longueur de câble coûte une demi-journée. La profondeur de stock et la livraison rapide pèsent alors lourd dans le calcul.
Deux documents ferment le dossier : le schéma unifilaire et le schéma de position. Sans eux, même une installation saine récolte des remarques au contrôle. L'électricien les établit ; nous fournissons le matériel qui y correspond.
Un dernier réflexe : gardez le rapport de contrôle sous la main au moment de commander. Il liste précisément les non-conformités à corriger, ce qui évite d'acheter trop, ou trop peu.
Ce qu'il faut retenir du RGIE 2025-2026
Le RGIE encadre la sécurité électrique de tous les logements belges, avec des changements nets au 1er mars 2025 (baignoire, douche, prises) et au 1er avril 2026 (courant continu). Trois réflexes tiennent la route : faire contrôler par un organisme agréé, respecter les délais (18 mois après une vente, 12 mois après un contrôle périodique) et ne pas confondre le RGIE fédéral avec le certificat PEB régional.
Besoin de préparer le matériel de votre mise en conformité ? Demandez un devis matériel à notre équipe : tableaux, différentiels 30 mA, câbles et mise à la terre choisis pour votre chantier.



