Qu'est-ce qu'un joint de dilatation ?
Un joint de dilatation est un espace laissé libre dans un ouvrage, puis rempli d'un matériau déformable : mastic souple, profilé spécifique ou bande compressible.
Sa fonction est exactement inverse de celle d'un matériau de construction : il ne tient rien, il laisse bouger. C'est une faiblesse organisée, placée là où vous la choisissez, pour éviter une fissure là où elle apparaîtrait toute seule.
Pourquoi une chape ou un carrelage a-t-il besoin de bouger ?
Parce que tous les matériaux changent de dimensions, et que les empêcher coûte plus cher que les accompagner.
Un matériau chauffé s'allonge, refroidi il se rétracte. Un béton jeune se rétracte en séchant, pendant des mois. Une dalle exposée au soleil peut varier de plusieurs millimètres sur quelques mètres de longueur.
Si rien ne lui permet ce mouvement, la contrainte s'accumule dans la matière. Elle finit toujours par se libérer, et elle le fait par une fissure, au point le plus faible, choisi par le matériau et non par vous.
C'est particulièrement vrai sur un plancher chauffant, où la dalle subit un cycle de dilatation à chaque mise en chauffe.
Quels types de joints faut-il distinguer ?
Trois, et les confondre est la source de la plupart des désordres.
Le joint périphérique longe les murs. Il laisse le revêtement respirer sur son pourtour et se dissimule derrière la plinthe. C'est le plus souvent oublié, et son absence fait tuiler les revêtements en périphérie.
Le joint de fractionnement découpe les grandes surfaces en zones plus petites. Plus la surface est étendue ou exposée au soleil, plus ces coupures deviennent nécessaires.
Le joint de structure appartient au bâtiment lui-même, entre deux corps de bâtiment par exemple. Il se reproduit obligatoirement à travers tous les ouvrages qui le traversent, chape et revêtement compris. Le carreler par-dessus garantit une fissure nette à son aplomb.
En quoi diffère-t-il d'un joint de carrelage ?
Le vocabulaire se ressemble, les fonctions sont opposées.
Le joint de carrelage est un mortier rigide qui remplit l'espace entre deux carreaux : il ferme la surface et absorbe des micromouvements. Le joint de dilatation est un dispositif souple qui traverse toute l'épaisseur du revêtement et parfois du support, pour absorber des mouvements bien plus amples.
Remplir un joint de dilatation avec du mortier de jointoiement le neutralise complètement. C'est une erreur fréquente, et elle annule tout le bénéfice du dispositif.
Pour les supports déjà fissurés ou instables, la réponse complémentaire est une natte de désolidarisation, qui traite le mouvement sur toute la surface au lieu de le concentrer sur une ligne.
Prévoir ses joints avec Bati-Mat
Les joints se dessinent au moment du calepinage, pas quand la pose est commencée. Leur emplacement doit tomber dans un raccord logique du dessin, faute de quoi ils se remarquent.
Nos conseillers vous orientent sur les profilés et mastics adaptés à votre configuration depuis nos matériaux de gros œuvre, en cohérence avec la chape et le mortier-colle retenus.
Foire aux questions
Vous trouverez ci-dessous nos réponses aux questions les plus fréquentes.
Peut-on carreler par-dessus un joint de structure ?
Non. Un joint de structure doit être reproduit à travers la chape et le revêtement. Le recouvrir provoque une fissure nette à son aplomb, souvent dès la première saison.
Le joint périphérique est-il vraiment obligatoire ?
Il est indispensable, même s'il ne se voit pas une fois la plinthe posée. Sans lui, le revêtement bute contre les murs et se soulève en périphérie.
À quelle distance placer des joints de fractionnement ?
Cela dépend de la surface, de l'exposition et de la présence d'un chauffage intégré. Une terrasse plein sud en demande beaucoup plus qu'un intérieur à température stable.
Peut-on remplir un joint de dilatation au mortier ?
Surtout pas. Le remplir d'un matériau rigide annule sa fonction. Il se remplit exclusivement d'un matériau souple ou reçoit un profilé prévu à cet effet.
